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Jacques



QR Code Destinée Cherifienne
 


DESTINÉE HOMMES DE SI-CHERIF

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FAFM

La voix du Bled

 

 

Citation Capitaine
JANS

Diplome Capitaine
JANS

 

 





Forces Auxiliaires Franco-Musulmanes
de MAGINOT

Ci-dessous quelques photos de Si-Cherif
(Photos de G. Raynaud, J. Morin et M. Miège, P.-F. Taddei, J. Barbe)

 

 

 

 

Mariage de Si-Cherif
25-06-1958 (lien Ina)

 

 

 

 

 

       

 

 

 

                           Vidéo Si-Cherif                                                

                          Mariage Si-Cherif

 

 

 

 

 

 

 

 

Cherifiens, années 1957/58
(Photos de P.-F. Taddéi)

 

 

 

 

 

 

 


Cherifiens


Cherifiens


Cherifiens

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos de G. Raynaud, J. Morin, M. Miège

 

 

 

 

 

 




Au fond à droite
Si-Cherif


Si-Cherif


Deuxième en partant
de la droite Si-Cherif

 

 

 

 

 

 


Si-Cherif


Officiers Chérifiens


Colonel Si-Chérif et
commandant Gueroumi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(Photos et légendes de J. Barbe)

 

 

 

 

 

 

 


Au centre Si-Cherif
Martin et son épouse

 


Aïd el-Kebir
vu de dos Si-Cherif

 

 

 

 

 

 



Conflits d'autorités durant la guerre
d'Algérie - Nouveaux inédits



Cinquante ans après le début de la guerre d'Algérie, les archives n'ont pas encore dévoilé leurs arcanes. Les fonds d'archives soumis à dérogation, et les documents d'époque conservés par quelques acteurs de la politique algérienne de la France, permettent au chercheur d'analyser de façon plus approfondie les motivations et les actions des hautes autorités politiques, judiciaires et militaires (Michel Debré, Maurice Patin, Paul Ely,…).

On regrettera que tout ne puisse être publié, certaines affaires restant interdites.

date de création : 2004 ISBN : 2-7475-7304-4 286 pages
 



Le colonel LEGUAY
et les supplétifs de Si-Cherif
(1)

Le 9 janvier 1961, le colonel Leguay, commandant le Secteur d'Aumale, rend compte au général Commandant la Zone Sud Algéroise de la situation morale des FAFM. Cette lettre illustre l'attachement d'un officier à ses supplétifs musulmans, et les promesses qu'il leur fait, en se référant aux directives du Commandant en chef.


Après le départ du colonel Leguay, ces promesses ne seront pas tenues. Seuls Si CHERIF et son adjoint seront rapatriés. Nommé capitaine, CHERIF est affecté au 12ème Cuirassier à Tubingen et son adjoint au 24ème GCP. Regroupés le 4 juillet 1962 dans la région de Maginot, ses 930 hommes sont désarmés et pris en main par la wilaya 4. Trois officiers et quinze hommes sont immédiatement fusillés. Mis en permission, la plupart des autres seront massacrés dans les semaines suivantes. La Commission internationale de recherche historique signalera l'existence de 400 veuves de la libération dans la région d'Ain Boucif.


Lettre

N° 151/SA/2/S DU 9 JANVIER 1961.


Des rumeurs divergentes m'étant parvenues sur l'attitude du colonel Si CHERIF et de ses FAFM à l'occasion du Référendum, je me suis rendu à Maginot le 4 janvier et j'ai eu à ce sujet avec Si Chérif un long entretien en tête à tête. Si CHERIF m'a fait part très nettement de son inquiétude et de celle de ses hommes devant "l'Algérie algérienne", il redoute un gouvernement algérien "qui ne pourrait que s'écarter de la France et passer rapidement aux mains du FLN" (Je ne fais que transcrire ici fidèlement son opinion). Dans cette hypothèse, il estime que l'Armée Française sera amenée à quitter un jour l'Algérie et que les FAFM se trouveront alors exposées à la vengeance implacable du FLN dans la personne de leurs chefs, de leurs hommes, des familles de ceux-ci et de leurs biens; c'est dit-il 15 à 20.000 personnes qui seront assassinées ou dépouillées, car à la différence des harkis, les FAFM n'ont pas la possibilité de se dédouaner. Les pertes infligées à la rébellion (nombreux chefs) au moment du ralliement de Si CHERIF et celles causées depuis (plus de 300 hors-la-loi) sont telles qu'aucune trêve, même apparente n'est possible. Si CHERIF m'a alors demandé quelle serait l'attitude de l'Armée Française vis-à-vis de lui, de ses hommes et des familles si à la suite du référendum final, l'Armée Française devait quitter l'Algérie. Me basant sur les récentes déclarations du gouvernement et surtout sur celles faites par le Général Commandant en chef à Médéa le 29 décembre devant les Commandants de Secteurs
(2) , j'ai affirmé à Si CHERIF que jamais la France n'abandonnerait les FAFM et leurs familles en raison des preuves de loyalisme données depuis 1957. Il m'a alors demandé si dans le cas où l'Armée Française quittait l'Algérie, les FAFM et leurs familles pouvaient la suivre en France. J'ai répondu par l'affirmative, il m'a demandé ma parole d'honneur, je la lui ai donnée et lui ai précisé qu'en m'engageant ainsi ce n'était pas seulement moi qui j'engageais mais la parole de mes chefs. J'ai pu alors constater une transformation considérable dans l'attitude de Si CHERIF qui est devenu très détendu et m'a dit "alors il n'y a plus de problèmes et vous pouvez compter sur la fidélité inaltérable des FAFM" (3) .

   En donnant cette parole à CHERIF, je pense n'avoir pas dépassé l'esprit des déclarations du Général Commandant en chef, mais dans la pensée de Si Cherif, j'ai engagé plus que ma propre parole. Mon uniforme étant la seule caution de cet engagement, il me semble indispensable qu'une plus haute autorité que la mienne confirme rapidement à Si Cherif soit par lettre soit au cours d'une très prochaine visite, que mes déclarations correspondent à la position du Haut Commandement en Algérie au sujet des FAFM. En raison de mon départ prochain d'Aumale (vraisemblablement le 2 février), j'ai l'honneur de demander que des assurances formelles soient données à ce sujet dès que possible à Si CHERIF par une haute autorité, afin que mon départ ne puisse pas être pour Si CHERIF l'occasion d'un doute sur la valeur des promesses faites par un Commandant de Secteur (4) .

Signé LEGUAY

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  (1) Source privée. Ancien sous-officier d'active, LABBHRI Cherif dit Si CHERIF (ne pas confondre avec Ahmed ben CHERIF) dirige en 1957 une bande rebelle indépendante du FLN et du MNA. Rallié par l'adjudant Frachet en juin 1957, il est réarmé, équipé et encadré sous le nom de Forces auxiliaires franco musulmanes (FAFM). Ses 300 hommes, implantés dans le Sud-Algérois, éliminent en quelques semaines la wilaya 6. Ils atteindront en mars 1960 l'effectif de 1.150 hommes. Réf. SHAT 1H 1307/1 - 1789/2 -1923/6 et M. Faivre. Les combattants musulmans de la guerre d'Algérie. Des soldats sacrifiés. L'Harmattan 1998. p.49 et 71.

(2) La France n'abandonnera jamais les harkis (Général Crépin).

(3) Le fait que la commune de Maginot vienne de participer au référendum avec 75% des votants, alors qu'aux cantonales les votants n'atteignaient que 16%, reflète bien la loyauté du travail des FAFM à cette occasion.

(4) L'extension du programme d'intégration dans l'Armée active des cadres FAFM, pour laquelle une deuxième tranche sera proposée incessamment concrétisera d'ailleurs cet engagement de la France.

Maurice Faivre, Conflits d'autorités durant la guerre d'algérie, ISBN 2-7475-7304-4 • octobre 2004 • 286 pages p.235 et 236

Edition - l'Harmattan.



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